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Reconversion professionnelle : pensez appétences, pas compétences !

Osez vos rêves, ne laissez pas vos préjugés vous fermer des portes ! Nous avons convoqué l’expertise de la coach Sylvaine Pascual afin qu’elle nous explique l’engouement croissant pour la reconversion professionnelle.

Il n’y a pas d’âge pour se reconvertir !

Le cadre sup’ devenu boulanger, c’est la petite histoire dont les médias raffolent ces derniers temps. Si Sylvaine Pascual n’en rencontre pas tous les jours dans son cabinet « Ithaque Coaching », il n’en demeure pas moins que cette jolie fable reflète un désir grandissant chez les salariés de mesurer les résultats concrets de leurs missions. Souvent noyés dans la grosse mécanique des grandes entreprises, les cols blancs ressentent aussi le désir de produire quelque chose d’utile. « Pour avoir du sens, notre travail doit servir quelque chose de plus grand que nous », affirme la coach. C’est ainsi qu’ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans la grande aventure de la reconversion. A la bonne heure ! « Aujourd’hui, les gens sont beaucoup plus à l’écoute de ce qui fait sens ou non pour eux. Chez les trentenaires, c’est encore plus fort. Ces derniers sont encore moins susceptibles que leurs aînés de supporter la frustration dans leur travail », rapporte Sylvaine Pascual. Mais si les trentenaires ne tardent pas à se poser des questions sur leur avenir professionnel, les plus âgés ne sont pas en reste car il faut garder une chose à l’esprit : il n’y a pas d’âge pour se reconvertir. Sylvaine Pascual nous cite par exemple le cas de l’un de ses clients devenu tailleur de pierres… à 55 ans !

Avoir le courage de se demander ce que l’on veut vraiment

La première étape de ce long chemin vers un nouveau métier est tout simplement de faire émerger ce désir de reconversion, sans se donner d’excuses comme « les enfants sont trop petits » ou « ce n’est pas le moment ».  A tout moment de notre vie professionnelle, quand quelque chose ne va pas, ayons le courage de nous demander à quoi on aspire vraiment. Une changement de voie peut intervenir alors même qu’on a aimé son métier pendant des années. Mais en raison de causes structurelles ou organisationnelles, on peut ne plus se plaire dans son boulot. « Parfois, en changeant de point de vue sur leur travail, certains peuvent finalement choisir de continuer à exercer le même métier, mais différemment», explique Sylvaine Pascual. D’autres fois, les valeurs des salariés ont évolué et ils ne se reconnaissent plus dans ce qu’ils font. C’est là que la reconversion devient plus évidente.

Suivre ses rêves d’enfant…

Si notre métier peut ne plus nous plaire, on peut aussi faire les frais d’une erreur d’aiguillage au départ de notre carrière. C’est notamment le cas de Christine Mendes, 38 ans, en reconversion après avoir travaillé pendant dix ans aux Pays-Bas. Chef de projet dans une salle de marchés, elle rêve depuis son adolescence de travailler dans l’univers de la mode. Ses parents, d’origine portugaise, l’encouragent plutôt à suivre des études de commerce international pour lui assurer un revenu stable. Christine suit des cours du soir (dessin, sculpture, peinture…), jusqu’au jour où elle décide de se renseigner sur les formations possibles aux Pays-Bas dans le monde de la mode, il y a environ sept ans. « Je n’ai pas trouvé ce que je voulais, puis suis partie voyager un an. Après avoir goûté à cette liberté, j’ai fait une petite déprime de la trentaine, je me suis remise en question et ai suivi un stage de développement personnel grâce à mon entreprise. Cela a fait remonter beaucoup de choses et je suis finalement rentrée vivre en France en 2008 », raconte-t-elle. De là, elle a finalement trouvé une formation à Milan, puis a travaillé comme styliste pour Auchan à Lille, avant d’embrayer sur une nouvelle formation à Bordeaux, à ESMOD. Aujourd’hui, elle a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat et vend des objets vintage en ligne, ainsi que ses créations issues de l’upcycling.

…ou oser faire éclore les projets les plus fous

On pourrait croire que les clients de Sylvaine Pascual arrivent tous avec un projet en tête, mais il n’en est rien. La majorité veulent du changement, mais ne savent pas trop vers quoi ils s’acheminent. Ou, plus précisément, n’osent pas formuler à haute voix des envies que leur entourage trouve fantasques. Pourtant, il faut étudier ces désirs au même titre que ceux qui semblent plus raisonnables : quelle est la réalité de ce métier ? Correspond-il à mes besoins, mes valeurs ? « J’ai le cas d’un homme qui souhaitait devenir astronaute à 45 ans. Bien entendu, cela risque d’être compliqué, mais il faut faire le même travail avec n’importe quelle piste car on en tirera toujours des éléments importants qu’on pourra intégrer dans un projet faisable », soutient la coach. En clair : il ne faut négliger aucune voie, elles sont toutes porteuses d’enseignements. « Ce qui doit nous guider, ce sont nos appétences, pas nos compétences », souligne Sylvaine Pascual.

« Il n’y a pas de qualités à posséder en particulier »

Chaque parcours de reconversion est différent, mais s’il y a bien une chose que les prétendants doivent partager, c’est la motivation. « C’est ce qui permet à quelqu’un de gravir des montagnes », souligne la coach. L’autre versant, c’est de se demander comment on va vivre ce métier qui nous attire. On peut être attiré par des métiers passion, comme quelqu’un qui aimerait se reconvertir dans le monde de l’équitation, mais a-t-on bien connaissance de la dureté de cet univers ? Pour Christine Mendes, il a fallu faire beaucoup de concessions, et notamment tirer un trait sur sa vie personnelle le temps de mener à bien son projet. « J’ai délaissé ma vie personnelle et jamais je n’aurais pensé être seule et sans enfant à 39 ans. Quand on se reconvertit, il faut mettre beaucoup d’énergie. Je crois que la ténacité et la force de caractère sont importantes pour réussir », explique-t-elle.

Selon Sylvaine Pascual, tout le monde a sa chance et une reconversion réussie est à la portée de tout le monde. « Il n’y a pas de qualités à posséder en particulier. Ceux qui réussissent savent comment s’appuyer sur leurs ressources internes », poursuit la coach. En revanche, la confiance en soi est une donnée encore trop négligée selon elle. « On en parle tout le temps mais on ne la travaille pas assez, or, elle est primordiale pour que la personne prenne la bonne décision », martèle l’experte.

Prendre le temps

Une reconversion prend entre six mois et cinq ans, en fonction de la formation choisie ou du temps nécessaire pour faire son cheminement intérieur. Or, l’une des erreurs souvent commises par les travailleurs en reconversion est de sauter sur la première piste qui leur semble correspondre à leurs attentes, alors qu’elle ne les comble pas toutes. Il est aussi important d’explorer les questions de financement, de formation, de durée (avec Pôle Emploi, l’APEC, l’APCE qui pourront bien nous orienter) ou encore de s’informer réellement sur ce que représente le fait de monter son entreprise. Par exemple, on croit trop et à tort, que le système de l’auto-entrepreneuriat nous mènera facilement à la réussite en raison de sa simplicité administrative. « Beaucoup de femmes se lancent dans des univers très girly après avoir eu un enfant, mais elles ne sont pas assez bien préparées à l’entrepreneuriat. Tout cela doit être bien travaillé en amont », rappelle Sylvaine Pascual.

Malgré tout, nous avons tous le droit à l’erreur ! L’important est de se lancer et de rapidement faire le bilan afin de réajuster ce qui va ou ne va pas et de sortir de l’idée d’échec. « Le chemin de la reconversion est semé d’embûches. Mais lorsqu’il est mené à bien, il génère de la motivation, du plaisir et du sens… si on s’ennuie dans son nouveau boulot, c’est quand même dommage non ? », conclut Sylvaine Pascual.

 @Paojdo

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