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Les nouveaux codes du manager

Si l’on parle aisément d’innovation dans la tech, n’oublions pas que le management doit lui-aussi se réinventer chaque jour. Le manager peut-il encore se contenter de mener ses équipes à la seule lumière de ses objectifs ? Résolument non ! Deux spécialistes nous livrent leur vision sur la question.

Authenticité

« De nos jours, de moins en moins de personnes veulent être managées, et de moins en moins de personnes veulent manager », lance Benjamin Chaminade, spécialiste de l’innovation managériale, à la tête de plusieurs entreprises de conseil. Le ton est donné. Exit les « carrières managériales » ultra-verticales. Le manager doit aujourd’hui être davantage dans l’écoute et le conseil que dans le contrôle. Plus leader que manager, il doit établir des liens réels avec son équipe pour créer de la confiance. La notion d’authenticité est ici primordiale, et les entreprises ne doivent pas se cantonner à un simple discours de façade qui se fissurera en moins de deux. Aux Etats-Unis, mais aussi dans d’autres contrées comme le Japon, de plus en plus d’applications comme PD@Ge, Hyphen, Niko Niko… permettent aux employés de faire remonter anonymement leurs « feedbacks » sur l’entreprise, qu’ils soient positifs ou négatifs. Bien entendu, la notion d’exemplarité n’est pas bien loin : qui a encore envie d’écouter des politiciens ou patrons qui n’agissent pas en conformité avec ce qu’ils prétendent être ?

Sérénité

« Le manager doit faire face à des situations très stressantes. Atteindre ses objectifs ne suffit plus, une autre injonction bien plus complexe s’impose à lui : réinventer son job », estime de son côté Vincent Dicecca, responsable de la section management et leadership au sein de CSP.  Face à ces enjeux, la qualité première que le manager doit développer est donc la sérénité. Pour ce faire, le spécialiste l’invite à identifier régulièrement ses craintes pour reconnaître ce qui lui fait peur. « Il faut changer de paradigme, le manager surpuissant n’existe plus », poursuit-il.

Humilité

Pour Vincent Dicecca, le manager doit bien entendu avoir de l’ambition pour prétendre prendre la responsabilité d’une équipe. Mais cela ne saurait suffire. Il doit aussi être « ego less », c’est à dire « être capable de mettre son talent au service du collectif, porter une vision globale, et pas simplement prévoir son ascension au sein de l’entreprise », poursuit le spécialiste. Bref, il doit être animé par quelque chose de supérieur.

Passion

Lorsque l’on manage une équipe, l’une des premières missions consiste à être capable de former une équipe performante. Quand on lui demande le conseil qu’il donnerait à un responsable dans le choix de son futur collaborateur, Benjamin Chaminade apporte une réponse détonnante au premier abord : « il faut recruter la personne avec laquelle on se verrait bien boire une mousse après le boulot ». Pourquoi ? Car l’entente et la convivialité font partie des piliers de l’engagement. Mais plus encore, peu importe l’expérience de cette personne que vous recevez en entretien, assurez-vous d’abord qu’elle aime ce qu’elle fait. « Je conseille toujours de demander à la personne de parler de l’entreprise pour sonder ses réelles motivations », poursuit-il. Benjamin Chaminade parle donc d’appétence et non pas de compétence. Même son de cloche du côté de Vincent Dicecca pour qui la passion peut faire soulever des montagnes. « Je ne dis pas que la compétence n’est pas importante, mais elle peut être sans cesse renouvelée. N’embauchez pas une personne qui veut simplement fuir son job », poursuit-il. Son conseil : mener un entretien sans connaître le CV de la personne si une présélection a déjà pu être opérée.

Ecoute

Lindsey Pollack, célèbre conférencière américaine spécialiste de la génération Y, explique que les jeunes travailleurs cherchent aujourd’hui à “customiser” tous les pans de leur vie, à commencer par leur travail. Pour Vincent Dicecca, ce désir n’est pas seulement partagé par cette jeune génération. Selon lui, il est essentiel de proposer des missions en cohérence avec les points forts des individus. Une vision qui rejoint celle d’une ancienne sportive de haut niveau reconvertie en coach d’entreprise, Muriel Hermine, qui nous expliquait que l’on ne gagnait pas avec ses points faibles. En résumé, plutôt que d’affecter des missions en fonction des objectifs préalablement fixés, il est plus intéressant de partir des talents présents dans son équipe. C’est d’ailleurs comme cela que le manager peut fidéliser son équipe. Pour Vincent Dicecca, le salaire est un stimulant, mais ne suffit pas, tout comme la présence d’une conciergerie ou d’une salle de gym dans l’entreprise. Selon Benjamin Chaminade, « mieux vaut laisser partir les personnes qui ne sont pas motivées que vouloir les retenir à tout prix ».

Autonomie

Autre point essentiel pour Vincent Dicecca : « le manager doit donner de l’autonomie à ses employés, enlever de la contrainte. Il doit être plus dans l’objectif et laisser chacun prendre le chemin qu’il désire », explique-t-il. Et d’ajouter : « la confiance est une décision. Après, si les résultats ne sont pas là, il sera toujours temps de se poser les bonnes questions ».

Sens

Certes, le manager n’est plus là se pencher en permanence au dessus de l’épaule de son salarié, mais il ne doit cependant pas perdre son rôle de chef d’orchestre. « Si le manager n’est plus là pour dire comment faire les choses, il doit cependant toujours être présent pour faire sens », estime Vincent Dicecca. La perte de sens au travail est effectivement l’un des maux de notre époque, et crée des perturbations profondes au sein des entreprises. Cette question du sens est également valable en ce qui concerne le télétravail. Combien de salariés se demandent pourquoi ils doivent pointer chaque matin pour ne dialoguer qu’avec leur ordinateur ? « Là encore, il ne faut pas avoir peur de laisser de l’autonomie. En revanche, il faut réellement donner du sens au collectif. Lorsque les personnes sont au bureau, elles doivent échanger, parler », poursuit l’expert. Pour Benjamin Chaminade, même si l’on travaille avec des équipes dans le monde entier, le télétravail doit rester quelque chose de limité. « Certaines entreprises font par exemple le choix de réunir leurs employés des quatre coins du monde dans une villa, deux ou trois fois par an, pour que tout le monde se retrouve », rapporte-t-il.

Créativité

La créativité est à juste titre l’obsession de toutes les entreprises, et nombreuses d’entre elles créent même des prix dédiés pour soutenir l’innovation. « Les formations pour aider les personnes à identifier et développer leur potentiel créatif explosent », affirme Benjamin Chaminade. Il ajoute qu’aujourd’hui, le manager ne doit plus tant motiver ses équipes, mais plutôt « les mettre en énergie, être un véritable connecteur qui aide chacun à trouver sa place ». Pour Vincent Dicecca, le manager ne peut effectivement plus enfermer son collaborateur dans un cadre d’action dicté par les seuls besoins de l’organisation. « Il faut accorder un temps aux personnes pour qu’elles puissent travailler sur un sujet qui les passionne, et accepter que puisse naître ou pas de cela un projet. Je conseille ici d’avancer par boucle d’essai-erreur. C’est à dire qu’il faut se tromper vite », explique-t-il. Là encore, comment imaginer qu’une personne puisse libérer son potentiel créatif si elle n’aime pas ce qu’elle fait ?

Autorité

A la lecture de tout ce que nous avons abordé, on pourrait croire que la notion d’autorité n’est plus. Aujourd’hui, l’enjeu n’est certes n’est plus d’obéir à son chef, mais d’être créatif. Pour autant, si l’on reprend la notion d’autorité au sens premier du terme, « cela veut dire rendre l’autre auteur », affirme Vincent Dicecca. Aussi, le manager doit toujours être là pour s’assurer que -sur le chemin qu’ils empruntent en toute autonomie- leurs collaborateurs partagent toujours la même vision, les mêmes valeurs, et poursuivent les mêmes enjeux clefs. Pour Benjamin Chaminade, il s’agit plus aujourd’hui « d’être autorité » que « d’avoir de l’autorité ».

Ecouter l’autre, entendre ses passions, tout en servant en projet plus grand que soi…voilà un bien beau défi pour les managers d’aujourd’hui. Gageons que de ces concepts nobles découleront des actes, sans quoi ce vent de liberté ne gonflera que les voiles de prétendants à l’entrepreneuriat éreintés par les mauvaises pratiques des grandes entreprises…

@Paojdo

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