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Méditation: ses bienfaits sur notre sexualité

09.02.2016

Et si la méditation améliorait notre vie sexuelle ? C’est le postulat d’Aurélia Lanson-Villat et les résultats de son dialogue avec la sexologue Carol Burte.

Lors de mes toutes premières retraites de méditation, on m’a demandé de manger en « pleine conscience », c’est-à-dire, en silence, en étant consciente de chaque bouchée. Cela ne me posait aucun problème de rester statique à méditer pendant des heures, mais pour ce qui était de manger, je me disais: laissez moi le faire comme j’en ai envie. Je suis gourmande, le repas c’est sacré. Pourtant, ce qui au début m’apparaissait comme un calvaire, fût une révélation, une véritable fête. Etre attentive à ce que je mangeais décuplait en effet, la saveur de tous les aliments. Pour une fois, je n’étais pas en train de ruminer mes projets d’avenir, mes problèmes au bureau, mon stress, mes soucis avec mon amoureux, je savourais la nourriture comme jamais. Dans un autre registre, le sexe ne mérite t-il pas aussi cette attention particulière ? Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de rencontrer le Dr Carol Burte, une sexologue, assez visionnaire, consciente de l’impact de la méditation sur la vie sexuelle. Je lui ai posé quelques questions. En voici un premier extrait.

Quels sont les obstacles à une vie sexuelle heureuse?

Dr Carol Burte: Beaucoup de personnes considèrent que faire l’amour est une chose naturelle et s’imaginent que l’épanouissement sexuel est chose aisée. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas… Dans la vie active qui est la nôtre, soumise à de nombreuses sollicitations, il est souvent difficile au contraire de trouver des moments propices à l’intimité, et lorsque c’est le cas, il est difficile pour beaucoup de se consacrer entièrement à l’instant présent. De nombreuses pensées peuvent interférer.

Quelle est l’influence de nos pensées?

Dr Carol Burte: Elles sont souvent négatives pour la sexualité : pensées tournées vers les préoccupations de la vie quotidienne, le travail, l’heure du réveil le lendemain, les enfants dans la pièce à côté… Ou pire encore l’anticipation d’un échec annoncé…créant ainsi des peurs qui, elles-mêmes inhibent les réactions sexuelles. Notre cerveau est notre principal organe sexuel : il est le siège de notre désir, de nos émotions, de nos pensées et le point de départ de nos comportements. Les patients souffrant de difficultés sexuelles vivent une situation qui évolue en cercle vicieux : l’échec, de quelque nature qu’il soit, va entraîner une émotion négative (peur de l’échec, dévalorisation, frustration, douleur morale) qui elle-même va s’accompagner de pensées négatives « je n’y arriverai pas » , « comment ‘ça’ va marcher ? », « je vais la décevoir.

Qu’avez-vous observé comme conséquences?

Dr Carol Burte: la conjonction de ces deux facteurs va modifier le comportement sexuel : ne plus arriver à se détendre, éviter les rapports, bâcler les préliminaires , essayer à tout prix de vérifier le bon fonctionnement de son corps, etc. Ces pensées, et ces comportements, entretiennent le cercle vicieux de l’échec qui, de plus, intéresse non pas une personne, mais deux, l’autre ayant aussi sa propre manière de vivre le trouble sexuel.

C’est le moment de nous rappeler que la méditation va entraîner progressivement notre esprit à devenir attentif, dans tous les domaines de notre vie, à être davantage dans le moment présent, seul moment qui existe vraiment. Pratiquer la pleine conscience permet d’être dans une écoute bienveillante à l’égard de ce qui se passe dans notre corps et dans notre esprit, sans jugement. C’est aussi arrêter la course à l’orgasme, qui nous empêche de profiter de ce qui est en train de se passer, ici et maintenant.

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