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Les clés de l’art (ignoré) de la niaque

02.05.2017

Ses recherches sur la psychologie de la réussite ont été récompensées Outre-Atlantique. Angela Duckworth a fait couler beaucoup d’encre l’année dernière avec son ouvrage “Grit: the power of passion and perseverance”, dont la traduction française, “L’art de la niaque”, vient de sortir. Ancienne consultante, cette Américaine décide à l’aube de la trentaine de se reconvertir dans l’enseignement. L’occasion de constater que la réussite de ses élèves est corrélée à leur degré d’implication, et non à leur potentiel talent. De quoi pousser cette curieuse explorer dans son ouvrage les dessous des plus grands succès.

La niaque, qu’est-ce que c’est?

Passion, persévérance, ténacité: la niaque, c’est tout cela à la fois. La capacité à tenir des objectifs globaux, de long terme, pendant des mois ou des années, permet aux plus endurants d’entre nous de définir un futur correspondant aux aspirations les plus profondes. “La niaque revient à concevoir sa vie comme un marathon, non un sprint,” affirme ainsi Angela Duckworth. Un constat qu’elle a elle-même dressé au fil de son expérience d’enseignante et de chercheuse. La psychologue a en effet étudié le degré de ténacité des enfants des écoles publiques de Chicago: “il en est ressorti que les plus persévérants avaient plus de chances de décrocher leur diplôme, peu importe les taux d’autres variables quantifiables comme leurs résultats aux tests de connaissance standards ou les revenus familiaux,” assure notre chantre de la niaque.

La ténacité, plus forte que le QI

Conséquence logique de cette première conclusion: la ténacité a parfois plus de répercussions sur l’ascension professionnelle, la réussite, que le QI.En tant que professeure, ce qui m’a frappe est que le quotient intellectuel n’est pas le seul élément différenciant entre les étudiants qui décrochent les meilleurs résultats et les autres,” constate Angela Duckworth. Au point même de constater que les premiers de classe n’ont pas forcément un QI phénoménal, là où les plus intelligents obtiennent parfois des résultats scolaires en berne.

“Les efforts comptent double.”

Un résultat, a priori contre-intuitif, qu’Angela Duckworth explique dans son ouvrage par deux équations: talent x effort = skill” et “skill x effort = achievement. En d’autres termes, “les efforts comptent double“, conclut la psychologue.  Ainsi, le seul talent ne suffit pas à la réussite. “D’ailleurs, beaucoup de nos données montrent que bon nombre d’individus talentueux ne persévèrent pas dans leurs engagements.” Ce n’est que couplé à l’acquisition de nouvelles compétences et à l’accomplissement d’efforts sur la durée, que le talent peut engendrer des bénéfices susceptibles de permettre à un individu de se démarquer de ses homologues. Notre talent est une chose. Ce que l’on en fait en est une autre,résume Angela Duckworth.

Halte au culte du génie

Et la psychologue de déconstruire une croyance dans laquelle beaucoup aiment à se complaire: le génie ne justifie pas à lui seul la réussite exceptionnelle de certains. En clair, pour Angela Duchworth,  considérer qu’Einstein ou que Michael Pelphs sont des êtres hors-normes dans leurs domaines nous donne une excuse pour ne pas nous mesurer à eux. Alors que si nous avions déployé toutes nos forces dès le plus jeune âge pour exceller en sciences ou en natation, qui nous dit que nous n’aurions pas eu une chance, même infime, d’atteindre des sommets? Se cacher derrière le prétendu talent inné des autres ne serait en réalité qu’un moyen d’occulter notre propre manque d’endurance.

Comment devenir persévérant?

Bonne nouvelle si vous êtes d’ordinaire une adepte de la procrastination, que la niaque n’est pas votre trait de personnalité le plus marquant: la persévérance peut s’acquérir. Comment? La ténacité peut se développer via “la mentalité de croissance.” Un concept développé par la Carol Dweck, professeure de psychologie sociale à l’université de Standford en Californie, et reposant sur l’idée selon laquelle la capacité à apprendre n’est pas fixe, qu’elle peut évoluer à mesure que des efforts croissants sont fournis. S’il peut s’appliquer aux adultes, cet état d’esprit concerne surtout les plus jeunes. “Les enfants qui apprennent des choses sur le cerveau, sur la manière dont il change en réponse à un défi, sont plus susceptibles de persévérer,” décrypte Angela Duckworth.

L’échec, booster de niaque

Autre élément à relever: plus un individu développe jeune une capacité à être tenace, plus il est susceptible de persévérer après un échec, car il est persuadé que la situation peut évoluer, qu’une partie perdue ne constitue en rien une situation permanente.

@clairebauchart

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