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L’envie : comment la cerner et la définir ?

06.09.2017

«Qu’on me donne l’envie d’avoir envie », dit la chanson. Un adage taillé pour une époque où les potentialités professionnelles, amoureuses, relationnelles semblent se multiplier. Comment déterminer ce qui nous attire, ce qui correspond à nos aspirations profondes ? Eléments de réponses.

« Au siècle dernier, si vous étiez fils de boulanger, vous deveniez boulanger. Aucune question ne se posait. En comparaison, l’éventail des possibles est aujourd’hui immense. » Pour Jacques Lecomte, psychologue et auteur de Donner un sens à sa vie (Odile Jacob), si cette évolution constitue incontestablement une richesse, elle est également source d’interrogations existentielles. « Beaucoup se demandent en permanence s’ils sont à la bonne place par rapport à leur idéal, à ce que les autres attendent d’eux. » Des questions inexistantes en d’autres époques où les destins semblaient déterminés. « Même sentimentalement, les possibilités se limitaient souvent à son village et aux deux ou trois bourgades alentours. »

Le cœur, la tête et la main

Comment dès lors trouver du sens, savoir ce qui nous importe le plus lorsque les possibilités de vie sont si nombreuses ? A travers ses recherches, Jacques Lecomte a constaté que nous donnons généralement du sens à nos vies selon trois axes de référence : le cœur-pour les relations affectives, la tête-renvoyant aux valeurs qui nous animent et la main-soit l’action, le travail. « Aux yeux d’un individu, ces paramètres ont rarement le même degré d’importance, explique Jacques Lecomte. Un militant politique accordera la priorité à ses valeurs, ses convictions. » Même si l’égalité parfaite est compliquée à atteindre entre ces trois éléments, « il est problématique d’écraser le cœur, c’est-à-dire la partie relationnelle, celle des amitiés, des sentiments. » Et ce d’autant, ajoute-t-il, que l’envie tend à muter au cours de l’existence. « Plus ils avancent en âge, plus les individus ont tendance à se recentrer sur leurs familles, leurs amis, leurs plaisirs, alors que la réussite sociale est généralement prépondérante entre 20 et 40 ans. »

L’envie, sous différentes formes

Des aspirations qui changent, parfois sous l’effet des bouleversements de la vie. «  A la suite d’un accident grave, certains, dont le but avait toujours été de gagner de l’argent, reconstruisent leur échelle de valeurs. Ils décident alors d’accorder plus de place à leur famille ou de se reconvertir. » Les réorientations professionnelles seraient d’ailleurs appelées à se multiplier, selon le psychologue. « Je trouverais intéressant de mener une étude auprès des quadragénaires pour déterminer quel est le pourcentage de personnes exerçant le métier pour lequel elles ont été formées. Je parie que cela ne concernerait pas la moitié des sondés. »

De l’importance des rôles modèles

Dans ce monde où les repères figés s’estompent peu à peu, le sentiment d’efficacité personnelle et le concept des « futurs possibles » deviennent cruciaux. « Les jeunes qui ne se projettent pas, qui pensent avoir peu ou pas d’avenirs envisageables ne sont pas motivés pour travailler, pour évoluer, » commente Jacques Lecomte. Or, assure-t-il, plus on se projette dans une diversité de choix, plus on se fixe des priorités à atteindre, plus la probabilité d’y parvenir est élevée. « Il est crucial d’élargir les champs des possibles en valorisant des réussites. En cela, les médias ont un rôle à jouer, explique cet ancien journaliste. Pour inspirer le plus grand nombre, il faut véhiculer des discours positifs. » D’où l’importance notamment de mettre en avant des parcours tant masculins que féminins dans un pays où les femmes ne représentent que 24% des effectifs des les conseils d’administration du SBF 500 (les 500 premières entreprises en Bourse)*, et seulement 30% des entrepreneurs.

*selon une étude du cabinet de recrutement Leyders Associates

 

@clairebauchart

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