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Le travail? “A way of life”, répondent les Y et Z.

10.09.2016

Le numérique bouscule les codes établis des entreprises traditionnelles… ainsi que leur mode de management. Un constat devenu récurrent. Mais qu’attendent exactement les jeunes de leur vie professionnelle? Quelles idées se font-ils de leurs futurs managers? Comment, à l’horizon 2030, imaginent-ils leurs futurs espaces de travail? Autant de questions sur lesquelles JLL, entreprise spécialiste du mobilier d’entreprise, s’est penchée avec l’institut CSA.

Le travail? Un “happening”

Y ou Z, deux générations qui prennent, progressivement mais sûrement, leurs distances avec les structures organisationnelles et hiérarchiques. Objectif: faire du travail une expérience, un mode de vie plutôt que de le réduire à un espace ou partage de bureaux.

Las de la précarité qui ronge bien souvent leurs premières années d’expériences professionnelles, entre chômage et contrats jetables, les jeunes demeurent cependant dans l’ensemble loin d’être désabusés: beaucoup s’estiment mêmechallengés par la conjoncture“, pour reprendre les termes de l’étude. Ainsi, réprouvant les structures traditionnelles, trop organisationnelles à leurs yeux, ils optent pour une considération renouvelée et optimiste du travail, perçu, non plus comme un moyen de succès financier et hiérarchique, mais comme une réponse à une quête de sens, à une volonté de créer un projet ou, du moins, d’y apporter de la valeur ajoutée. Au point, dans certains cas, de rendre poreuses les frontières entre travail et loisirs. Une mutation qui se perçoit dans l’architecture des bureaux des entreprises de la nouvelle économie: bien des espaces de travail s’apparentent désormais à des lieux de confort, de bien-être et d’inspiration. Autre point: la numérisation permet de transformer, dans la lignée des “pop-up stores” potentiellement tout endroit en lieu de travail si tant est qu’il soit un minimum accueillant. Bref, travailler, loin d’être une tare, peut désormais s’apparenter à la recherche du différent, de la surprise… à un happening!

L’emploi en flux

La mutation de la perception du travail s’accompagne d’une transformation des modes de production, et de gouvernance, au sein même des structures. De fait, un sondé sur deux aspire à travailler dans une structure moins hiérarchique, moins pyramidale.  Dans un grand nombre de nouvelles entreprises, la hiérarchie s’estompe ainsi progressivement, au profit d’un management dit circulaire: une nouvelle organisation reposant sur des employés “volants“, passant d’un espace de travail à l’autre, voire d’un employeur à l’autre (les fameux slashers). En clair, les travailleurs gagnent en indépendance et se muent en collaborateurs évoluant dans un flux continu de missions confiées par différentes relations. Autant de tâches qu’ils doivent gérer en fonction de leur énergie et de leur agenda. En clair, les individus se détachent progressivement du salariat, caractérisé par l’allocation d’un volume d’heures à une entreprise contre rémunération, pour oeuvrer, à leur propre compte, pour différents employeurs. Une transformation rendue possible par le numérique, le travail à distance… et donc le fait que beaucoup de sociétés aient tendance à “sortir de leurs murs“, par opposition à une époque où tous ceux qui travaillaient sur un même projet devaient absolument officier au sein d’un même espace. Un nouveau mode de travail, appelant chacun à être responsable de ses rythmes, délais et équilibre.

La reconnexion avec la nature

Avec ce nouveau paradigme, “cultiver son jardin” prend tout son sens, au propre comme au figuré. Car la quête de sens des Y et Z, le souci grandissant de leur bien-être passe également par une attention particulière portée aux valeurs écologiques, par opposition à la production à tout-va ayant régi les décennies précédentes. Ces générations expriment un besoin de sensorialité, une attention croissante portée à leurs propres sentiments et sensations. Paradoxalement, le digital rendant possible les nouvelles formes de travail est également la source d’une envie de renouer avec la nature: la connexion génère un besoin de déconnexion, de retour à l’essentiel, aux fondamentaux. Ainsi, bien au-delà des considérations écologiques, la nature semble être la réponse à la plus adaptée à un retour à soi, à une prose de distance avec le monde virtuel.

La recherche d’un équilibre

Pour les auteurs de l’étude, à l’horizon 2030,le monde de l’emploi pourrait bien se retrouver au centre d’énergies contradictoires, induites par le numérique: la rapidité, la frénésie, par opposition à la lenteur, l’hyperconnexion contre la déconnexion ou encore la communauté versus l’isolement. Des paramètres conséquences de la numérisation tous azimuts de nos modes de vie. L’équilibre dépendra en grande partie de la volonté de chaque individu. Quant aux entreprises, seules celles ayant opéré une véritable mue managériale parviendront à fidéliser les meilleurs “talents”. 67% des sondés expriment par exemple la possibilité de pouvoir s’appuyer sur un manager bienveillant.

Parmi donc les priorités des “chief happiness officers“, titre qui viendra en substitution ou en complément des traditionnels directeurs de ressources humaines: l’impératif de garantir à leurs collaborateurs la liberté d’être eux-mêmes. 60% des jeunes interrogés dans l’étude expriment le souhait de pouvoir prendre des risques dans leur travail sans avoir à redouter d’être jugés. L’ancienne dirigeante en communication d’entreprise, Malene Rydahl, citée dans l’étude, affirme ainsi que “bien souvent, dans les entreprises actuelles, on demande aux gens de remplir un rôle en oubliant ce qu’ils sont. Or, il est évident que plus on a l’impression d’être apprécié pour ce que l’on est, plus on engage son cerveau et son coeur.” L’entreprise viable de demain sera donc celle capable non seulement de prôner ces grands principes mais surtout de les mettre en oeuvre.

Du network à la communauté collaborative

Là où pendant des années le réseau, formé au cours de parties de golf, de rencontres dans des clubs informels ou de soirées réservées aux happy few sachant les pénétrer, a régi en partie la distribution des postes et les nominations, les digital natives semblent pour certains privilégier la communauté: des professionnels de différents secteurs se réunissant dans des espaces de travail, des lieux de coworking notamment. Leurs points communs? Le besoin de travailler autour de projets vecteurs de sens, de s’entraider et ainsi de contribuer à la constitution d’un “social workplace”, lequel, loin de se limiter au partage de bureaux, s’articule autour du “construire ensemble.” Un concept générant de réelles opportunités de business. Outre-Atlantique, le leader de l’industrie du coworking, WeWork, est valorisé à 16 milliards de dollars…

Le recyclage et le détournement comme pratiques courantes

Pour résumer, deux fils rouges paramètrent la relation des Y et Z au travail. Le besoin d’événementiel tout d’abord. Travailler ne peut plus être synonyme de routine: la crise a inscrit dans beaucoup de consciences que passer trente années dans une entreprise appartient à une époque révolue. D’ailleurs, beaucoup de jeunes actifs n’aspirent plus à la vie professionnelle linéaire qui a souvent été celle de leurs parents ou grands-parents. Ils sont nombreux à aspirer à travailler dans plusieurs entreprises au cours de leur carrière, voire à cumuler plusieurs emplois en même temps. D’autre part, la mutation actuelle du monde du travail amène un grand nombre de collaborateurs, comme de managers à repenser les usages établis, à inventer de nouveaux modes de fonctionnement… Bref à tester, improviser, innover!

@clairebauchart

 

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