Boostez votre vie avec nos tips Carrière, Business, Lifestyle !

illustration

Newsletter
Boostez votre vie avec nos tips Carrière, Business, Lifestyle !

Le dilemme des femmes “Alpha”: ambitieuses mais seules

Elles sont sur-diplômées, ambitieuses et s’épanouissent dans leur carrière mais n’arrivent pas à trouver le bon “match”. Et si c’était parce qu’elles ne recherchaient pas la bonne personne ? Enquête sur les “alpha” qui rêvent de trouver l’amour. 

C’est désormais un fait avéré : les femmes sont plus nombreuses à demander le divorce. Autre information révélatrice : ces dernières sont 70% à exercer une activité professionnelle. Rien de bien étonnant à cela. L’indépendance financière est sans conteste un gage d’autonomie dans la prise de décisions. Ainsi, les couples d’aujourd’hui se font et se défont au gré des saisons, tandis que paradoxalement, le mariage s’est remusclé dans le cœur des trentenaires. Il n’y a qu’à voir comme il inonde nos flux Instagram avec ses mises en scène toujours plus alléchantes. En réalité, que l’on soit homme ou femme, la société d’aujourd’hui nous presse sans cesse d’injonctions contradictoires, preuve que la révolution des sexes est encore loin d’être achevée. Chacun tend vers une vision romantique et idéalisée du couple, tout en cherchant –et à juste titre- à s’épanouir personnellement et professionnellement. Et pour l’instant, le filtre d’amour éternel ne semble pas avoir été trouvé !

Alpha + Bêta = le couple gagnant ?

Véritable source d’épanouissement, le travail a pris une grande place dans la vie des femmes. Si elles sont encore 3 sur 4 à gagner moins que leur conjoint, ces dernières sont plus que jamais portées par un vent d’audace. Même si les chiffres sont loin du match nul, elles représentent tout de même 30% des créateurs d’entreprise. Pour la psychologue américaine Sonya Rhodes, auteure de “La femme alpha rencontre l’âme soeur” (éditions de l’Homme) , il est donc temps pour le deuxième sexe de faire sa révolution.

« Il n’y a jamais eu de meilleur moment qu’aujourd’hui pour être une femme alpha. Elle est en pleine ascension académique et professionnelle. Elle est indépendante et libre de faire des choix personnels tant dans sa sexualité que dans les autres aspects de sa vie. Cependant, beaucoup de ces femmes alpha craignent qu’un mariage ou une relation à long terme ne fasse s’évanouir leur autonomie », explique la spécialiste.

Schématiquement, les alphas sont des personnalités affirmées, sûres d’elles, et qui sont davantage portées vers une position de leader. Leur strict opposé est représenté par les omegas, personnalités totalement soumises. Au milieu du continuum se trouvent les personnalités bêtas, moins affirmées, et davantage promptes à suivre les ordres.

Alizée, 34 ans, est l’une des dignes représentantes de cette génération de femmes alphas. A la tête d’une entreprise dans le secteur de la communication, elle cumule pour l’heure les échecs amoureux. “J’ai connu des relations longues et sérieuses, mais à chaque fois, elles ont fini par capoter car avec mon partenaire, nous ne parvenions pas à dégager assez de temps pour nous voir. Le dernier en date était très pris par son travail, et ambitieux tout comme moi. Aucun de nous deux n’a voulu baisser la cadence d’un point de vue professionnel“, raconte-t-elle.

D’après la psychologue, si les femmes alphas ne parviennent pas à trouver le bon partenaire, c’est parce qu’elles ne se dirigent pas assez vers des personnalités bêtas. Certains journalistes américains se risquent même à dire que la femme alpha et l’homme bêta sont le power couple du futur, persuadés qu’une relation fonctionne mieux si chacun apporte quelque chose de différent sur la table. Autrement dit, derrière toute grande femme se cacherait un homme qui accepterait à son tour d’être relégué au second plan.

Le mâle alpha, toujours plus attirant

La balance entre la femme alpha et l’homme bêta semble équilibrée, mais en réalité, les femmes, qu’elles soient alphas ou non, demeurent toujours plus attirées par les hommes alphas. « Même si tout le monde parle d’égalité, la réalité est que le couple véhicule encore l’image du mâle dominant », explique Dominic Anton, psychothérapeute systémicien. Depuis les années 70, les hommes doivent tout à la fois exprimer leur sensibilité tout en se montrant protecteurs et capables d’assumer des situations difficiles pour la famille. C’est ce qui les a menés à la fameuse crise d’identité masculine. De l’autre côté, si certains hommes sont en demande de s’investir davantage dans la vie du foyer et l’éducation des enfants, la structure de la société et les femmes elles-mêmes ne sont pas encore- ou du moins pas toujours – prêtes à leur donner les clefs. « Nous sommes encore dans une reproduction des schémas traditionnels, tout en voulant les briser », soutient le psychothérapeute.

Un échec avant tout sociétal

Ainsi, l’expert estime que si les couples échouent autant, ce n’est pas une question de personnalité alpha ou bêta, mais bien un problème de société. « Le problème est que les hommes et les femmes d’aujourd’hui ne savent finalement pas ce qu’ils veulent dans le couple. Ils sont en attente d’amour et de fidélité, sauf qu’ils sont confrontés en réalité à des sollicitations permanentes via des publicités et sites de rencontres ou applications encourageant l’adultère. Tout cela nous fait imaginer que l’on va trouver la perle rare, puis une fois en couple, que l’on pourra trouver encore mieux. Le consumérisme est aussi à l’œuvre dans les relations amoureuses », affirme Dominic Anton.

Bien définir les termes du contrat, la clef du succès ?

Finalement, peu importe la combinaison de personnalités au sein du couple, il faudra bel et bien que les partenaires regardent ensemble dans la même direction !

Si deux alphas peuvent être mutuellement attirés avec cette idée que deux ambitieux ont tout pour se comprendre, la relation pourra devenir compliquée si un jour l’un des partenaires décide de changer le système, en demandant par exemple à l’autre de mettre le pied sur la pédale de frein. « Le couple fonctionne sur des règles implicites. On décide de vivre ensemble sans vraiment parler explicitement des fondements du pacte. Or, il arrive toujours que l’un des partenaires se repositionne dans le couple, et il ne faut jamais rien prendre pour acquis », explique le spécialiste.

Et il en va de même pour un couple alpha + bêta. Il faut aussi bien définir les termes du pacte et laisser à chacun sa place. Si par exemple l’homme bêta se trouve à la maison, il faudra être en mesure de lui laisser prendre des décisions dans cette sphère de vie. « A trop subir le pouvoir on finit par vouloir le substituer. C’est ce qui se passe dans les meutes de loups quand les bêtas tentent de renverser les alphas », affirme Dominic Anton. D’ailleurs, le Dr Sonya Rhodes invite chacun d’entre nous à cultiver tant son côté alpha que bêta pour parvenir à une plus grande harmonie dans le couple. « Si chacun pouvait déjà chercher à se sentir bien sur le plan individuel, cela irait mieux dans la relation de couple », renchérit le psychothérapeute.

A l’heure où la communication directe entre les êtres n’est pas des plus fluides, le spécialiste nous conseille avant tout de prendre le temps de nous asseoir avec notre partenaire et d’exprimer nos attentes respectives. « Si l’on ne peut pas trouver ensemble un contrat, c’est presque impossible que le couple dure », conclut-il. Comme pour toute relation, la communication reste la mère… de toutes les réussites !

@Paojdo

 

Ils nous font confiance