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La Tech, nouvel eldorado pour les femmes ?

En dépit d’une économie de plus en plus digitale, les femmes demeurent sous-representées dans ce secteur qui offre pourtant de très belles perspectives d’avenir. Enquête sur ce monde de la Tech en manque de femmes !

Qu’on se le dise : parler des femmes dans la tech, c’est déjà commencer par ne pas les cantonner au e-commerce ou au web-design.. La preuve en chair et en os : Pascale Vicat-Blanc, grande gagnante du prix INRIA 2013 de l’Académie des sciences, spécialisée dans la très pointue technologie du Cloud avec son entreprise LyaTiss, surnommée la “Wonderwoman du numérique”. On pourrait aussi parler de Kira Radinsky, cette jeune pousse de 27 ans dont la start up Sales Predict (provenant du Big Data),  lui a valu d’être sélectionnée par la MIT Tech Review parmi les 35 jeunes les plus innovants du monde. D’ailleurs, d’après le dernier baromètre du réseau Girls in Tech, 30% des femmes dans le numérique dirigent des sociétés logicielles, à l’image de Mathilde Collin, co-fondatrice de Front qui est l’un des plus beaux exemples de réussite en 2014.

Les femmes représentent 13% des levées de fond 

Ceci étant dit, les chiffres présentent une réalité plus sombre : seulement 13% des levées de fond dans la tech française sont réalisées par des femmes. Mais plus encore, en valeur, on tombe alors à 6% des montants investis, selon  Girls in Tech. Puisque l’on sait pertinemment que le cerveau des femmes n’est pas rose, force est de constater que les freins sont avant tout culturels. Comment expliquer que sur 47% de jeunes filles en terminale S, on n’en retrouve plus que 16% à la sortie des écoles d’ingénieur des filières du numérique ? Souvent orientées vers les métiers de la santé, les filles sont également bien présentes dans les écoles de chimie ou l’agro-alimentaire. Mais dans la tech, c’est la désertion totale avec des effectifs carrément en baisse depuis 2000, et qui heureusement remontent ces deux dernières années, selon les chiffres de l’IESF.

Sensibiliser les parents

Pour Stephane Dahan, DRH chez Alten et Co-Président de la Commission Communication de l’association Pasc@line, les premiers acteurs à sensibiliser sont les parents. « Les ingénieurs sont souvent issus de familles d’ingénieurs. Il faut donc informer les autres, et leur démontrer que le numérique est un secteur plein d’avenir », explique-t-il. Carole Granade, présidente de l’incubateur BoostInLyon, partage cet avis. « On pense que les filles sont génétiquement programmées pour s’intéresser davantage à des choses plus humaines. Pour ma part, je ne me suis jamais posé la question de mon genre lorsque j’ai choisi de faire une école d’ingénieur, et c’était d’ailleurs le rêve de mon père que je fasse polytechnique ! », raconte-t-elle. Pour Hasnaa Kamali, ingénieure d’études et développement et Marraine pour l’association Elles bougent, le choix d’une carrière dans le IT n’a au contraire pas été une évidence, cette dernière s’imaginant les informaticiens comme des « geeks avec de grandes lunettes ».

Une image à dépoussiérer 

Cette image erronée, de très nombreuses jeunes filles la partagent, comme nous le rapporte Roxanne Varza de Girls in Tech. “Chez Microsoft, nous organisons un évènement chaque année qui s’appelle “Digigirlz” où l’on invite 90 collégiennes à venir découvrir les métiers technologiques. L’année dernière, toutes (TOUTES) les filles m’ont dit qu’elles ne voulaient pas bosser dans la tech car ce n’était pas un milieu où l’on travaillait avec des humains – elles croyaient que nous passions nos journées devant un écran et c’est tout“. Mais pour Roxanne Varza, tout cela n’est qu’une question de communication, et elle entend bien faire bouger les lignes. C’est notamment la vocation des cours de code “Magic Makers”destinés aux plus jeunes,  pour leur apprendre à créer leur propre jeu vidéo.

Un secteur plus large qu’on ne l’imagine

Un gros travail est aussi à effectuer auprès des conseillers d’orientation dans les lycées. « De manière générale, ces derniers orientent encore trop les jeunes vers les filières classiques comme le droit ou la médecine, et encore plus les filles », regrette Stephane Dahan, expliquant que des kits d’information leur ont ainsi été adressés par l’association. Ce dernier œuvre également pour que l’option ISN au lycée soit poussée jusqu’au collège. « Les cours d’informatique en troisième ont pour vocation d’apprendre aux élèves à utiliser un tableur Excel alors qu’ils sont en train de jouer en réseau pendant le cours… Il faut leur enseigner quelque chose de plus stimulant ! », ajoute-t-il. Bien entendu, orienter les adolescents – et a fortiori les jeunes filles – vers ces métiers d’avenir, ce n’est pas uniquement les pousser vers les écoles d’ingénieur. Aujourd’hui, le numérique englobe bon nombre de métiers, à l’image du Community Manager, qui possède une très bonne connaissance des outils techniques et des réseaux sociaux, sans pour autant savoir coder. Les écoles de commerce ont elles-aussi lancé des options « systèmes d’information en développement logiciels» qui intéressent particulièrement les banques et assurances qui digitalisent leurs activités. De nombreuses CEO dans le numérique, à l’image de Catherine Barba, sont d’ailleurs issues des écoles de commerce.

Des salaires attractifs

Peu de femmes investissent le numérique, et pourtant… Les candidats ne se bousculant pas au portillon, les femmes y sont courtisées avec des payes à peu près égales à celles des hommes. De surcroît, le numérique est l’un des rares secteurs à offrir un salaire d’entrée attractif avec une fourchette située entre 30 et 40K en France, avance Stephane Dahan. Une étude réalisée par Glassdoor démontre même que les femmes ingénieures sont mieux payées chez Google. “La diversité, qu’il s’agisse des femmes, des étrangères… va toujours apporter une valeur ajoutée à une équipe car elle permet d’apporter des expériences et regards différents au projet. Dans le numérique, on voit de plus en plus de sociétés qui cherchent des femmes, surtout pour les équipes techniques qui manquent le plus souvent de diversité“, explique Roxanne Varza. Les femmes étant très friandes d’applications et de réseaux sociaux en tous genres, les entreprises ont naturellement tout intérêt à les attirer dès le berceau. « Ce secteur est définitivement ouvert aux jeunes talents et les femmes ont un rôle majeur à y jouer en tant que premières consommatrices en ligne », note de son côté Nathalie Gaveau, fondatrice et CEO de Shopcade.

La girl’s touch 

Les géants de la tech l’ont bien compris, la femme est l’avenir du numérique. Ils mettent ainsi en avant leurs plus beaux exemples de réussite au féminin avec des ambassadrices de choc telles que Marissa Mayer ou Sheryl Sandberg. C’est d’ailleurs sous la bannière de cette dernière que Facebook et LinkedIn se sont associés pour encourager les femmes à se lancer dans la tech et l’ingénierie. LinkedIn a également lancé le programme WALY pour créer un véritable network féminin international dans le domaine. Cette mise en réseau est indispensable, et c’est notamment la vocation de la Journée de la Femme digitale, qui aura lieu le 13 mars 2015 à Paris, et dont Business O Féminin a le plaisir d’être partenaire. En France, les initiatives se multiplient aussi avec, outre Girls in Tech et ses “Lady Picth Night” ou encore ses cours d’initiation au code, de nombreux réseaux comme Women 2.0, Girlz in Web, Womoz, Les Duchesses, CyberElles.. Mais le champion toutes catégories est sans conteste Google, qui a créé à Londres et Tel Aviv le campus « Google for mums ». L’idée : 9 semaines de bootcamp pour aider les jeunes mamans à lancer leur start-up. Les résultats sont déjà impressionnants avec des start-up cédées pour 20 millions de dollars ! Si on fait confiance aux femmes, ce n’est donc certainement pas pour leurs beaux yeux ou à des fins marketing, mais parce que la rentabilité est au rendez-vous. D’ailleurs d’après une étude Google, les entreprises dans la tech dirigées par des femmes ont 35% de retours sur investissement supplémentaires. Mesdames, mesdemoiselles, à vos claviers !

@Paojdo

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