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Job: je t’aime un peu, à la folie, pas du tout…

06.09.2015

40% des actifs français seulement estiment s’épanouir au travail, à en croire un sondage IFOP paru l’année dernière. Une donnée désarmante, surtout lorsque l’on y ajoute les quelque 30% de salariés qui, dans l’Hexagone, seraient exposés au “bore-out”, trouble psychologique généré par l’ennui au bureau. Quelles limites entre une saturation ponctuelle et une boule au ventre permanente? Quelles sont nos marges de manœuvre pour remettre un peu de peps dans notre quotidien professionnel?

“Quelqu’un en situation de mal-être a tendance à se rapprocher de personnes qui ne vont pas bien. Une telle situation en entreprise engendre des alliances bancales, avec des employés souffrant d’une mauvaise réputation. Des affinités donc mal perçues par la hiérarchie.” Andrée Kinzintger sait de quoi elle parle : elle est business coach. Cette diplômée d’HEC a passé dix années chez Orange où elle a notamment mis en place un réseau d’innovation, avant de se reconvertir dans le coaching professionnel et de lancer une association prônant l’égalité salariale entre hommes et femmes. Depuis plusieurs années, elle voit ainsi défiler dans son cabinet des cadres en réorientation ou des jeunes diplômés déroutés par un monde du travail parfois impitoyable. Un salarié en situation d’insatisfaction par rapport à son travail doit avant tout apprendre à gérer son environnement: se préserver des personnes toxiques mais également se faire des alliés au sein de l’entreprise”, poursuit la coach. En d’autres termes, les affinités professionnelles ont un impact profond sur la manière dont un employé perçoit ses missions, comme si la passion et l’enthousiasme des autres étaient communicatifs.

Identifier ses alliés dans l’entreprise

Autre élément à prendre en compte: nos relations au sein de l’open-space sont visibles de tous, en premier lieu de nos supérieurs. Inutile donc de multiplier les cafés avec les râleurs invétérés. Une fois qu’une personne est grillée sur le plan de l’image, la tendance est extrêmement compliquée à renverser. Cela pénalise fortement sa capacité à évoluer, à se faire reconnaître ou à demander une augmentation,” insiste Andrée Kinzintger. Au-delà de la stratégie à adopter en interne afin d’être mieux perçu, la coach rappelle des évidences que de nombreux salariés, pris dans la routine des heures supplémentaires et des deadlines, ont tendance à négliger: avoir une bonne hygiène de vie, pratiquer un sport qui nous plaise, puis essayer d’être conscient de ce que l’on apprécie en dehors du travail.”

Et si, malgré tout cela, se lever tous les jours pour retrouver ses collègues relève encore de l’épreuve, que faire? En premier lieu, notre business coach tient à alerter sur une certaine banalisation du mal-être professionnel, servi à toutes les sauces: “La tendance du développement personnel est de plus en plus importante. Ce contexte favorise une montée en puissance des insatisfactions, ce qui n’était pas du tout le cas il y a une dizaine d’années. A l’époque, la tolérance à la frustration était beaucoup plus importante qu’aujourd’hui”, affirme-t-elle.

De l’importance du mental

Pour autant, nombreux sont les cas où le mal-être est loin d’être un fantasme et  découle bien de situations angoissantes: volonté avérée de la hiérarchie de maintenir le salarié dans un cadre restreint, atmosphère de travail conflictuelle, salarié sur-qualifié par rapport à ce que l’on attend de lui… Rien qu’en France, quelque 3 millions d’employés seraient exposés au burn-out, selon une étude publiée en 2014 par Tecnologia, cabinet de prévention des risques professionnels. La crise exacerbe les problématiques de compétitivité des entreprises, avec pour conséquence, à l’intérieur des sociétés, un besoin de productivité de plus en plus grand”, commente Andrée Kintzinger, tout en rappelant, qu’outre la situation économique, les dispositions de chacun ont leur importance: “Le vécu du salarié par rapport à son travail ainsi que sa motivation jouent un rôle central. Nos représentations mentales ont autant d’effet sur nos humeurs que les faits réels, ” précise la coach. Une petite astuce donc pour être dans un meilleur état d’esprit? “A la fin de la journée, mieux vaut se concentrer sur ce que l’on a fait de positif, plutôt que de se remémorer ses échecs ou ce qu’il nous reste à faire”, conseille la professionnelle. Etablir des “did lists” aussi bien que des “to do lists” en quelque sorte.

Réfléchir avant de se confier

Car les accros de la rumination s’exposent à plusieurs niveaux de dangers: en situation de démotivation ou de  frustration, apparaît le risque d’intériorisation, produisant un conflit intérieur et sabotant l’énergie,” affirme la coach. Autre écueil d’après elle: se confier avec insuffisamment de filtrage à ses amis, collègues ou membres de la famille. “Le proche recevant le stress de l’autre s’angoisse, se sent impuissant et généralement ne donne pas les meilleurs conseils”, affirme Andrée Kintzinger. “J’ai accompagné des femmes qui se livraient à leurs maris, provoquant de très mauvaises situations de couples.”

Un entourage souvent désemparé d’autant plus que chaque personne, qu’elle se fasse accompagner par un conseiller de carrière ou pas, détient seule la solution pour trouver chaussure à son pied. Il est impossible de se sentir bien dans son job tant que l’on n’a pas de véritable identité professionnelle, précise Andrée Kintzinger. Sans parler de vocation, pour elle, chacun devrait déterminer un projet précis en amont, avant d’entamer des démarches de réorientation ou de recherche d’emploi.

Quant à ceux épanouis par leur activité (ils existent), gare à la tentation de se laisser porter: Les évolutions permanentes du monde professionnel de ce début de XXIème siècle exigent de repenser son projet professionnel régulièrement,analyse la coach, qui recommande d’être en permanence en éveil. “Les mieux armés sont ceux étant conscients de leurs motivations profondes, qui réseautent, et qui préparent le coup d’après… Sans se disperser bien sûr.” A bon entendeur…

@clairebauchart
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