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Blockchain: sommes-nous à l’aube d’une grande révolution ?

Elle agite la sphère médiatique, fait la Une des plus grands magazines et pourtant, elle est peu connue du grand public. La technologie Blockchain est pressentie comme étant la prochaine grande révolution qui va disrupter de nombreuses sphères de notre économie. Petit manuel à l’usage des nuls !

Longtemps restée aux seules mains des développeurs aguerris, la technologie Blockchain fait grand bruit depuis ces derniers mois. Pourtant, elle a été créée voilà déjà 8 ans, lorsqu’a émergé la fameuse monnaie numérique : le bitcoin. « Mais aujourd’hui, tout le monde en parle parce que l’on se rend compte qu’elle possède bien d’autres applications », explique Claire Balva, co-fondatrice de Blockchain France, une société visant à démocratiser cette technologie en France.

Une base de données décentralisée

Effectivement, décrire le fonctionnement de la Blockchain avec des mots simples n’est pas aisé ! Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission de l’information qui s’appuie sur trois grands principes : elle est sécurisée, transparente et décentralisée. « La Blockchain est une base de données numérique qui va regrouper l’historique de transactions effectuées dans une certaine crypto-monnaie, comme par exemple avec le bitcoin. Lors de leur enregistrement et leur validation, ces transactions sont regroupées par blocs, qui vont ensuite former une chaîne de blocs », nous explique la jeune femme. Cette base de données a l’avantage d’être décentralisée, c’est à dire qu’elle ne se trouve pas sur un serveur central, mais peut être accessible à tous les ordinateurs du réseau. Le gros avantage ? Chacun peut donc vérifier l’historique des transactions. Il existe aussi des Blockchains privées, accessibles à un nombre limité d’acteurs. Actuellement, certaines institutions bancaires se regroupent dans un consortium appelé R3 CEV, pour établir leur propre Blockchain.

Vous n’avez toujours pas bien compris les enjeux de cette technologie ? Pour essayer d’y voir plus clair, nous avons demandé à François Dorléans, co-fondateur et COO de Stratumn, de nous l’expliquer, comme s’il parlait à un enfant de 5 ans. « Imaginez que nous soyons dans une pièce, nous sommes plusieurs et tenons un livre dans lequel nous racontons une histoire en ajoutant à tour de rôle des faits. Nous devons tous raconter la même histoire, sans quoi, cela signifie qu’une personne ment. Chacun peut lire le cahier, et le menteur sera alors immédiatement mis de côté et ne pourra plus participer. Il faut s’imaginer que ce contrôle peut être effectué par des algorithmes qui corrigent les erreurs et rejettent les transactions non conformes », illustre-t-il.  Stratumn est une start-up extrêmement prometteuse, qui vient tout juste de lever 600 000€. Il s’agit d’une plateforme de déploiement de la Blockchain visant à abstraire sa complexité afin de permettre à d’autres entreprises de l’utiliser dans des domaines très variés. « Nous sommes dans un système très horizontal, nous ne visons pas un secteur en particulier », poursuit l’entrepreneur.

Des applications infinies

Longtemps, la Blockchain n’a été perçue que comme une technologie pouvant intéresser uniquement le secteur bancaire. En réalité, son application est bien plus vaste ! En effet, elle s’avère redoutablement utile dans bien d’autres univers. Prenons par exemple le droit d’auteur (la start-up Ujo développe actuellement ce projet) : « un artiste pourrait définir lui-même les conditions d’exploitation de ses morceaux, notamment en répartissant les droits entre les différentes personnes qui ont participé à la création de sa musique, et percevoir immédiatement ses droits », explique Claire Balva. C’est ce que l’on appelle les « smart contracts ». Ces smart contracts pourraient s’avérer extrêmement utiles, notamment dans le secteur de l’assurance. Imaginez : plutôt que de remplir un formulaire de réclamation à la SCNF après un retard de train de plus d’1H, vous êtes immédiatement remboursé d’une partie de votre trajet.

Dans le secteur bancaire, vous pourriez monter un dossier cryptographique qui vous servirait dans toutes les banques, et éviteriez l’envoi redondant de mêmes pièces administratives. La Blockchain pourrait aussi être très pertinente dans l’univers médical, avec le suivi du parcours de soins d’un patient, la vérification de la bonne prise des traitements, une digitalisation des ordonnances… Tout cela permettrait de gagner en efficience mais aussi de lutter contre la fraude. La Blockchain pourrait aussi s’avérer fort intéressante dans l’univers de la E-démocratie. On pourrait par exemple imaginer un système de vote en ligne, qui validerait une prise de décision en assemblée générale. « Bien sûr, cela demande encore un travail sur la vérification des identités, mais aussi la préservation de l’anonymat », note François Dorléans. Mais on le perçoit facilement, la Blockchain pourrait considérablement accélérer de nombreux processus. Bien sûr, cela pourrait modifier les contours de certaines professions.  Les « humains » seraient plus amenés à réaliser des tâches créatrices de valeur.

Plus de sécurité ?

De l’avis de François Dorléans, « cette couche de sécurité apportée dans l’Internet par la Blockchain est un grand bouleversement ». Le problème du digital est effectivement que l’on peut dupliquer les contenus à l’infini. Cela peut mener à des histoires rocambolesques, comme celle d’un internaute qui avait copié la photographie d’un artiste, et avait perçu des droits d’auteur… à la place de l’auteur ! Contrairement aux idées reçues, la Banque d’Angleterre a même récemment estimé que le bitcoin était moins sujet au blanchiment d’argent que la monnaie fiduciaire actuelle. Et les grandes entreprises ne s’y trompent pas, à l’image de BNP Paribas et Smart Angels qui viennent de lancer une plateforme de crowfunding basée sur la technologie Blockchain. Un marché immense et plein d’opportunités, puisque le nombre de startups françaises évoluant dans ce secteur se compte sur les doigts de la main ! Le législateur devra cependant mieux encadrer la technologie. Le 24 mars dernier, un colloque a eu lieu à l’Assemblée nationale, et Emmanuel Macron a annoncé l’encadrement d’une application financière de la Blockchain, mais pour l’heure, la France demeure dans un flou juridique : ni autorisé, ni interdit. Gardez donc les yeux grands ouverts, 2017 devrait signer l’avènement de la technologie, puisqu’il devrait s’agir de la première année d’utilisation réelle et concrète de la Blockchain. A suivre !

@Paojdo

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