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11.10.2015

Congélation d’ovocytes: le débat et vous?

Le débat

Congeler ses ovocytes et pouvoir choisir de faire un bébé après 40 ans ? Telle est l'opération qu'Apple et Facebook vont désormais rembourser à leurs employées. Les deux géants sont loin de faire figure d'exception dans la Silicon Valley, puisque Microsoft et Citigroup le pratique déjà, et que Google devrait bientôt leur emboîter le pas. En Californie, des « Eggparties » sont même organisées pour célébrer l'opération.

Dans la presse américaine, on parle tout bonnement de « pilule de notre époque », comme l’évoque Jessica Bennett, chroniqueuse pour le New-York Times. En 2013, Sheryl Sandberg, la n°2 de Facebook, avait exhorté les femmes à « se bouger » dans son livre Lean In, les invitant à investir tout autant leur rôle de mère que leur carrière. Dans cette perspective, congeler ses ovocytes serait ainsi un facteur d’égalité entre les hommes et les femmes. Ces dernières pourraient choisir de repousser leur projet de maternité à leur guise, sans être sous le joug de leur fameuse horloge biologique. Pour les entreprises, qui financent les tentatives de FIV classiques, la congélation d’ovocytes présenterait l’avantage d’avoir de meilleures chances de réussite.

Un « asservissement de la femme »

Mais cette initiative n’envoie-t-elle pas un terrible signal aux femmes ? Travail et maternité seraient-ils incompatibles ? Pourquoi imposer un tel modèle, alors que l’on pourrait bien rétorquer que les femmes sont au sommet de leur carrière à 40 ans, avec des postes à responsabilité qui nécessitent leur présence auprès de leurs équipes… Pour Sandrine de Montgolfier, maître de conférences à l’université Paris Créteil, et chercheur sur les questions d’éthique et de santé au sein du laboratoire IRIS, cette proposition est un « asservissement de la femme et du couple ». Une manière de « nier les différences entre les hommes et les femmes qui ne suivent pas le même rythme » au nom de la sacro-sainte égalité, nous confie-t-elle. Et quid de celles qui s’opposeraient à cette pratique ? Ces dernières seraient certainement perçues comme moins compétitives sur le marché du travail.

Pour la spécialiste en bioéthique, il s’agit aussi d’un détournement d’une technique médicale, normalement conçue pour les femmes souffrant de cancers, à des fins de convenance personnelle. « On pratiquerait la congélation d’ovocytes sur des femmes qui n’ont a priori aucune difficulté de procréation à 30 ans. On crée un besoin là où il n’y en a pas. On leur impose un traitement douloureux et loin d’être anodin, et surtout, rien ne garantit que la FIV fonctionnera à 40 ans car le corps tout entier a son rôle à jouer dans la procréation. En clair, on leur fait croire qu’elles pourront être mères, mais rien n’est moins sûr » , martèle la spécialiste. Derrière cette technique, c’est toute une industrie médicale, à commencer par les banques d’ovocytes, qui va ainsi prospérer, et dans laquelle les entreprises ne vont pas hésiter à investir.

Et en France ?

En France, pourrait-on bientôt voir apparaître de telles initiatives ? Pour l’heure, la législation est très ferme sur ce point : elle s’oppose catégoriquement à la marchandisation du corps humain. Or, on imagine très facilement que les ovocytes non-utilisés pourraient être revendus dans le cadre de banques privées. Bien entendu, seules les femmes les plus aisées pourraient s’offrir ce type d’opération. « Pour le moment, il est difficile d’imaginer une telle utilisation de la congélation des ovocytes. Cependant, il serait naïf de dire que cela n’arrivera jamais. Il y a deux ans, des gynécologues ont demandé à ouvrir la possibilité d’une conservation des ovocytes pour convenance personnelle. Le système français appellerait plutôt à la mise en place de banques publiques, où toutes les jeunes femmes seraient invitées à congeler leurs ovocytes. C’est difficilement imaginable avec le trou de la Sécurité sociale aujourd’hui », rappelle Sandrine de Montgolfier. Et est-ce bien souhaitable ? Donnez votre avis !

Crédit photo : Pixabay

@Paojdo

 

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