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Carol Duval-Leroy : une histoire de passion et de transmission

Par Caroline Forge - 23.09.2013

Rencontre avec Carol Duval-Leroy, une femme à poigne qui a construit, en une vingtaine d’année, la renommée internationale de la Maison de Champagne éponyme.

Carol Duval-Leroy n’était pas prédestinée à prendre la tête de la Maison de Champagne Duval-Leroy. En 1991, le décès brutal de son mari et père de ses trois fils l’a propulsée aux manettes d’un domaine viticole en perpétuelle expansion depuis 1859.  

Carol Duval-Leroy, que pensez-vous de la comparaison de votre parcours avec celui de la Veuve Clicquot que l’on surnomme la “grande dame de la Champagne” ?

Carol Duval-Leroy : Il serait présomptueux de ma part de me comparer à la Veuve Cliquot. C’est une femme emblématique de la Champagne qui a connu une très belle réussite. Elle a su bien s’entourer et faire croître son patrimoine. Sur ce point oui, mon ambition est similaire à la sienne. Je veux transmettre à mes enfants l’héritage que leur père aurait voulu leur léguer.

Comment s’est déroulée la reprise de l’entreprise ?

Carol Duval-Leroy : Comme ses aïeux auparavant, mon mari avait l’ambition de développer notre outil de travail. Il est malheureusement décédé deux mois avant l’inauguration des nouveaux bâtiments permettant d’augmenter notre production. J’ai donc repris un maison solide qu’il fallait faire connaître. J’ai alors décidé de produire uniquement notre marque, Duval-Leroy, de mettre fin aux marques d’acheteurs et de développer nos cuvées spéciales. Je voulais monter en gamme, en qualité.

Comment avez-vous fait votre place dans l’univers plutôt masculin de la viticulture ?

Carol Duval-Leroy : Mon mari ne voulait pas mettre un directeur qui aurait pu mieux faire que moi, qui n’étais pas préparée à cela. Mais il savait que j’allais mieux savoir gérer la fidélité à la Maison, son histoire et notre patrimoine. Je me suis bien entourée, nos collaborateurs m’ont aidée et je me suis lancée dans la bagarre. Et je suis fière du travail accompli aujourd’hui.

Est-ce plus facile en Champagne d’être une femme à la tête d’un domaine ?

Carol Duval-Leroy : Historiquement, beaucoup de femmes ont repris des Maisons à la mort de leur mari, du fait de la guerre ou de la maladie. La Veuve Cliquot, Louise Pommery, Mathilde Perrier et d’autres aujourd’hui sont de grands noms de la viticulture champenoise. On dit souvent que le Champagne est un vin plus féminin. Il existe des histoires similaires ailleurs en France. Selon moi, quand on donne une mission à une femme, elle se donne à 100%. Mon objectif est de transmettre un patrimoine solide à mes fils, comme l’a fait Lily Bollinger par exemple en 1971. Aujourd’hui je m’y attèle encore, avec mes trois fils aux commandes avec moi.

Et vous travaillez aussi avec une femme, votre chef de cave ?

Carol Duval-Leroy : J’ai construit mon équipe dès 1991. C’est après avoir longtemps travaillé avec Sandrine Longette-Jardin, qui est œnologue et s’occupait de la qualité chez nous, que je lui ai proposé de devenir ma chef de cave. Il y a une osmose entre nous. Nous fonctionnons très bien ensemble et pas comme les hommes !

Vous vous êtes aussi beaucoup engagée pour promouvoir la Champagne ?

Carol Duval-Leroy : J’ai été la première femme Présidente de l’Association Viticole Champenoise. Je veux faire rayonner notre savoir-faire et que la Champagne reste toujours au top ! Il faut continuer à faire de la très bonne qualité pour que le Champagne reste le roi des vins. Nous devons nous entendre et nous parler entre producteurs car il faut préserver notre patrimoine.

Et quelles sont les clés de réussite que vous avez transmis à vos fils ?

Carol Duval-Leroy : Je leur ai donné le goût et l’amour du vin et du travail. Nous vivons tous à Vertus, au cœur de notre patrimoine familial, comme nos ancêtres. Mes fils ont participé très jeunes à la vie et au travail sur le domaine, pour apprendre et comprendre le cadeau extraordinaire qu’ils détenaient entre leurs mains car je ne suis qu’une régente, tout est à eux. J’ai veillé dessus comme une lionne sur ses petits.

 

 

 

Fondatrice de Dyovino

Les femmes et le vin

Mathilde Thomas

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